Arnold Schönberg

Compositeur

Arnold Schönberg est né le 13 septembre 1874 à Vienne (Autriche). Quasiment autodidacte, il se forme par l’étude de Johann Sebastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven et Johannes Brahms. Par la suite, il sera un pédagogue et théoricien de réputation mondiale. Ses premières œuvres (la Nuit transfigurée par exemple) sont influencées par Richard Wagner et Richard Strauss.

 

Mais peu à peu, partant d’une analyse logique de l’évolution de l’harmonie à la fin du romantisme, il se permet des dissonances de plus en plus audacieuses jusqu’à l’abandon total de la tonalité à partir de 1908. Le point culminant de ses recherches est son Pierrot lunaire (1912) dans lequel il va jusqu’à remplacer le chant par un « parlé-chanté » (Sprechgesang). Cependant, il n’évoluera vers le plus strict dodécaphonisme qu’entre 1921 et 1924.

 

Pour substituer de nouveaux repères au traditionnel enchaînement « tonique-dominante », il imagine alors la composition sérielle, système qu’il appliquera à partir de 1923. D’abord enivré par son procédé, il n’hésitera pas par la suite à prendre des libertés avec son propre système.

Obligé de s’exiler aux États-Unis en 1933 pour fuir le nazisme, il décède à Los Angeles le 13 juillet 1951.

 

Schönberg apparaît aujourd’hui comme un point de non-retour car, en se détournant aussi radicalement de toute référence à la tonalité, il a permis à l’ensemble de la musique « savante » de s’autoriser toutes les audaces. Il faut cependant regretter que le pont soit désormais coupé entre le grand public et la musique contemporaine.

A propos de la musique

Pierrot lunaire, portrait et hommage


Arnold Schönberg compose en 1912 un de ses chefs-d’œuvre qui met en musique les 21 poèmes d’Albert Giraud, un poète symboliste belge qui a publié son recueil de 50 poèmes intitulé Pierrot lunaire : Rondeaux Bergamasques en 1884 qui a d’ailleurs inspiré de nombreux compositeurs du début du 20ème siècle. Dans cette œuvre atonale mais qui n’emploie pas encore un procédé très théorique du dodécaphonisme, Schönberg utilise une technique vocale très particulière Sprechgesang (chanté-parlé) inventée par Engelbert Humperdinck dans son opéra Die Königskinder (Les enfants royaux) qui permet aux chanteurs d’avoir une expression plus libre, proche de celle du théâtre. C’est une période de transition pour Schönberg qui est en train de terminer son ère poste-romantique marquée par l’achèvement de son œuvre monumentale Gurre-Lieder, créée en 1913, et le début de sa composition atonale qui évoluera plus tard vers le dodécaphonisme faisant de la Seconde Ecole de Vienne un des acteurs majeurs de la musique du 20ème siècle.


Bien que l’accueil du public viennois reste dubitatif voire sceptique envers cette nouvelle vague de la musique atonale, les jeunes compositeurs assoiffés de nouvelles perspectives de création musicale affluent à la porte de la Seconde Ecole de Vienne. Parmi eux, on peut remarquer le jeune Hanns Eisler qui éprouvera une profonde admiration envers son professeur toute sa vie. Commandées pour accompagner le court-métrage de Joris Ivens, Pluie (1929), il ne termine la composition de ses Quatorze manières de décrire la pluie qu’en 1941 en reprenant la nomenclature identique du Pierrot lunaire, et en dédiant son œuvre à son éternel maître Arnold Schönberg.


Takénori Némoto